ICT Journal: Notrehistoire.ch, le réseau social qui dépoussière les archives
In the Press - Written by Raphaël Briner on Monday, February 15, 2010 15:33 - 0 Comments
Article paru dans la rubrique Alpict du journal ICT en février 2010. Ecrit par Hélène Lelièvre
Les archives changent de look pour cibler une population plus jeune. Avec la plateforme Hyperweek, la Fondation pour la sauvegarde du patrimoine audiovisuel de la TSR fait entrer les archives dans le web 2.0. Notrehistoire.ch, un site d’échange des archives familiales à vocation historique.
“Notrehistoire.ch est né de la rencontre improbable d’un département d’archives et d’une plateforme contemporaine comparable à Facebook.” C’est en ces mots que Raphael Briner, fondateur de la société Hyperweek, présente le site. Le but: créer une communauté centrée sur le passé. Lancé fin octobre 2009, Notrehistoire.ch est un réseau social de partage des documents audio, vidéo, photographiques présents dans les foyers de Suisse romande. Ce réseau répond à une demande adressée aux archivistes de la TSR, comme l’explique Françoise Clément, Cheffe du service documentation de la TSR et responsable du projet numérisation de la Fondation pour la sauvegarde du patrimoine audiovisuel de la TSR (FonSAT): “Le site des archives de la TSR fonctionnait tellement bien que certaines personnes nous proposaient leurs archives personnelles pour le compléter.” Comme ce n’était pas l’objet de ce site, la FonSAT a réfléchi à la manière de mettre en commun toutes ces archives. “L’un des grands fonds inexploités, ce sont les archives familiales.” Pour Claude Zurcher, responsable éditorial du site, Notrehistoire.ch n’est pas seulement un outil de partage, c’est surtout un véritable projet éditorial pour dresser un portrait en images et en sons de la Suisse romande. Les membres de cette communauté ont un pouvoir éditorial. Ils éditent les documents qu’ils publient pour leur donner un contexte. Et Claude Zurcher d’ajouter: “Au début, il y avait peu d’édition mais au fur et à mesure de l’enrichissement du site, les membres ont compris que leurs documents ne prenaient de la valeur que s’ils étaient édités.”
Des débuts difficiles
En abordant la Genèse du projet Notrehistoire.ch, Raphael Briner concède que les premières discussions ont été laborieuses: “Pour tout vous dire, c’était vraiment mal parti. J’avais un discours trop pointu. Nous ne nous comprenions pas.” Les commentaires sont sensiblement les mêmes pour Françoise Clément: “Il utilisait un vocabulaire qui nous était impossible à décoder. Il faut dire que nous n’étions pas des connaisseurs des réseaux sociaux. Et inversement, puisque M. Briner est tombé dans les archives un peu par hasard.” La difficulté a donc été d’adapter son discours à l’interlocuteur pour expliquer les possibilités de la plateforme de manière simplifiée.
Les archivistes, de leur côté, se sont sentis un peu “dépossédés de cette force puissante de l’éditorial”. Pour Claude Zurcher: “C’est une véritable révolution intellectuelle d’entrer dans le monde participatif pour le domaine des archives. Il nous a fallu faire une adaptation intellectuelle en même temps que nous découvrions Hyperweek.”
Une plateforme réutilisable
La plateforme Hyperweek, c’est plus de 1500 jours de travail pour le développement dans un environnement de développement Agile. Elle est composée d’une couche open source et d’une couche personnelle. Au final, aujourd’hui le projet peut être réutilisé quasiment à l’identique afin d’offrir aux marques une communauté en marque blanche. “Pendant les 7 ans où je travaillais pour l’agence que j’ai fondée, Electronlibre, nous développions des réseaux sociaux. Le problème, c’est qu’à chaque fois, il fallait réinventer la roue.” Avec Hyperweek, Raphael Briner a entre les mains une base commune. L’avantage est que le projet est moins couteux à mettre en place et qu’il laisse plus de place à l’animation de la communauté (sur Notrehistoire.ch, un modérateur est par exemple chargé à la fois de la modération légale – suppression du contenu illicite – mais il donne des conseils aux utilisateurs pour stimuler la plateforme). La plateforme reste néanmoins assez souple, puisque chaque réseau est personnalisé en ajoutant des fonctions propres à la communauté.
Présenter l’étendue des possibilités
Fondée début janvier 2009, la société Hyperweek entend désormais concrétiser les discussions entamées avec des clients potentiels en Suisse, en France et en Italie. Ses cibles: les grandes marques. Si le social média leur fait peur et reste souvent pour elles un peu obscur, Raphael Briner entend les aider à marier un contenu participatif et éditorial en trouvant un juste équilibre: “Aujourd’hui, nous avons un produit à leur proposer et à leur montrer, les discussions devraient être plus concrètes.”
Notrehistoire.ch en chiffres
- Plus de 650 utilisateurs avec 3 à 4 nouvelles personnes chaque jour.
- Plus de 6000 photos, 230 vidéos, 15 documents audio et 100 articles.
- Un temps de connexion moyen de 8 minutes (contre 3 minutes habituellement sur internet).
- Près de 50 000 visites et 700 000 pages vues en trois mois.






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